Vendredi et samedi, c’était Salon du livre. Je pourrais dire qu’en tant que traductrice je me suis fait un devoir d’y aller, mais la vérité, c’est qu’en tant que lectrice, je me suis fait un plaisir d’y aller.
J’avais prévu d’y passer la fin d’après-midi et la soirée du vendredi, jour de nocturne. J’espérais que ça me suffirait pour faire le tour des stands susceptibles de m’intéresser. Mais voilà qu’en passant à côté de la masse de gens qui faisaient la queue pour obtenir une dédicace de Neil Gaiman, je tombe sur Hélène, éditrice du Navire en pleine ville, et Irène, auteur de l’excellent Héritier du Tigre. Ni une ni deux, je leur saute dessus, on commence à discuter (je ne les avais jamais rencontrées), et voilà que ces deux charmantes personnes me présentent d’autres personnes tout aussi charmantes, et qu’après quelques tours et détours sur le salon, je me retrouve à l’autre bout de Paris, assise à une table de restaurant, avec 16 charmantes personnes que je ne connaissais pas quelques heures plus tôt. Résultat : une soirée de papotages endiablés et d’éclats de rires forcenés, un restaurant qui ne s’en remettra pas de sitôt, et un mari qui m’a attendu pendant des heures (pour une fois que c’est pas l’inverse). Sans compter que le lendemain j’ai été obligée de retourner au Salon pour finir ma visite. Et devinez sur qui je suis retombée ? Oui, les mêmes.
Bon, j’ai tout de même eu le temps de rencontrer et de discuter avec des auteurs et de petits éditeurs, et d’acheter environ deux tonnes et demie de bouquins, de me casser la voix et de choper la crève.
Vivement l’année prochaine !
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… je tente aujourd’hui de reprendre un rythme normal.
Première chose à faire : remettre en état mon pauvre estomac, malmené par les repas de fêtes. Je ne désespère pas d’y arriver avant la fin de la semaine…
Et puis il y a toutes ces petites corvées qui s’accumulent quand on revient de vacances : laver le linge sale, s’occuper du courrier, sans compter les innombrables détails à régler en ce début d’année civile.
Et il y a le travail…
Juste avant les fêtes, j’ai accepté de traduire un roman de fantasy «un peu en urgence» (2 mois de délai au lieu des 4 mois habituels). Ça fait des heures que, entre une machine de linge à étendre et deux livreurs qui sonnent à la porte, je tente de me concentrer sur une histoire de chasse au «mouton têtu» (oui, c’est un nouveau modèle) – sans succès. Je crois que je vais abandonner : demain sera un autre jour…


Tiens, je vais plutôt me plonger dans American Gods, de Gaiman, qui m’attendait bien sagement dans ma boîte aux lettres quand je suis rentrée hier soir.
(Juste avant Noël, j’ai dévoré Miroirs et fumée, un recueil de nouvelles du même auteur: miam! Ça passe mieux que le foie gras! ^_^)
Hum? Quoi? Pardon? Ah, «pas sérieux»? «Boulot urgent»? Vous croyez, vraiment? Bah, c’est pas grave, j’ai pas pris de bonnes résolutions…
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Terminé hier soir (bon, ok, c’était tôt ce matin…): l’Héritier du Tigre, roman fantasy « jeunesse » d’Irène Delse, paru chez Le navire en pleine ville.
Bon, « jeunesse », je ne vois pas trop pourquoi. Certes, le héros a 12 ans, mais c’est bien la seule chose qui me fait penser à un roman jeunesse.
C’est l’histoire d’un jeune garçon, un noble dans un monde sans dragons ni magie, un univers qui s’éloigne des archétypes habituels du genre (à savoir le moyen âge européen) pour se rapprocher de… Euh… l’Inde, peut-être ? Difficile à dire, mais pour une fois vous échapperez aux éternels clichés physiques, puisque dans ce monde, les gens ont la peau noire et les cheveux blancs.
Notre héros est le fils d’un seigneur, dans une province très reculée. Il vit avec ses parents, sa sœur jumelle et quelques serviteurs dans le château qu’a fait construire son père. Mais le château est pris d’assaut, ils se retrouvent coincés, et pour éviter la capture et le déshonneur, son père lui demande d’égorger sa soeur avant de se tuer. Le père égorge la mère, et se tue, le fils égorge sa soeur mais ne parvient pas à s’entailler suffisamment le cou avant que la porte ne cède. (Ça c’est pour le roman « jeunesse »…)
Le garçon est capturé, et se retrouve au milieu d’intrigues à la fois politiques et familiales, alors qu’il est traîné de force vers la forteresse de son grand-père, chef de clan et dernière famille qui lui reste.
Ça se lit très bien, autant par la profondeur et l’originalité de l’univers que grâce à la qualité de l’écriture (même si j’ai parfois été désarçonnée par l’irruption du passé composé là où j’attendais un passé simple ou un imparfait).
La violence est présente (comme vous avez pu le constater), mais jamais gratuite. L’auteur ne prend pas ses lecteurs pour des idiots, et ça fait plaisir. Je pense que c’est un roman agréable à lire pour les 15 à 115 ans. L’Héritier du Tigre est le tome 1 d’une saga intitulée « Shalinka ». J’attends la suite avec gourmandise !
Et ça n’a pas suffit à vous mettre l’eau à la bouche, voici les toutes premières lignes du roman
(un extrait un peu plus long est dispo sur le blog de l’auteur):
La porte allait céder. Resté en haut des marches, je ne pouvais m’empêcher de regarder le bois trembler sous les coups de boutoir. Les poutres vibraient, les gonds gémissaient, la porte tout entière se déformait sous l’assaut. Elle ne tiendrait plus très longtemps. Nous étions pris au piège dans cette tour.
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Lecture du moment: Etat d’urgence, de Michael Crichton. Le dernier roman traduit du Crichton est un thriller scientifique sur fond de réchauffement climatique: un avocat idéaliste devra sauver le monde d’éco-terroristes d’un nouveau genre.
Ce thriller bien mené est surtout pour l’auteur le prétexte pour exposer ses convictions en matière d’écologie, de science, et de politique. La principale de ces convictions étant qu’on ne sait à peu près rien sur à peu près tout, et qu’il est donc inutile de s’en faire pour l’avenir. Conviction suivie de très près par celle, largement répandue, que nous ne sommes que des pantins aux mains des médias eux-mêmes instrumentalisés par des intérêts politico-financiers.
C’est plutôt dérangeant, mais pas inintéressant.
J’en ressors avec l’impression que je ne peux me fier à personne, et pas à l’auteur plus qu’à un autre.
Crichton conclu en disant: « Tout le monde à des intentions cachées. Pas moi. »
Moui… S’il pense que je vais le croire sur parole…
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J’ai découvert ce petit livre par hasard, en farfouillant dans les rayons d’une librairie.
Il m’a suffit de lire quelques lignes pour comprendre que l’auteur, Corine Sombrun, savait parler d’elle sans se prendre au sérieux.
Elle nous raconte son histoire, celle d’une jeune femme bouleversée par un deuil sur lequel, pudique, elle ne nous dira presque rien. Elle va mal, très mal, quand elle rencontre dans une exposition à Londres, un homme qui dit pouvoir l’aider. C’est un chaman, qui lui propose de le rejoindre chez lui, dans la forêt amazonienne. Elle y passera un mois, à la recherche d’elle-même.
C’est ce séjour qu’elle nous raconte, sous la forme d’un journal de bord, dans un style drôle, vif, à la fois très franc et d’une grande pudeur.
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