| Coming out littéraire |
| 20 février 2007 21:16 | Pas de commentaires |
J’avoue, je participe à un atelier d’écriture… Deux même!
Je préfère ne pas inonder le Net de mes productions, mais il y a peu, notre animatrice nous a proposé un thème totalement en accord avec ce blog: Paroles de cornichon!
Voici donc ma petite prose. C’est loin d’être brillant, mais je ne pouvais pas résister…
Au cours de la séance, l’animatrice nous a dicté les consignes que j’ai retranscrites en italiques.
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Il n’en reste plus qu’un…
Un pauvre petit cornichon marinant dans son vinaigre, seul, abandonné au fond du bocal.
Tous ses copains sont partis, appelés vers un monde meilleur, vers le paradis des cornichons, comme on le leur a appris quand ils n’étaient que de tout jeunes cornichons découvrant leur premier vinaigre. Il en a passé, des bocaux sur les étagères, depuis ce temps-là! Et notre cornichon attend, seul désormais, entre les pépins amnésiques et les oignons blancs dépressifs. Il soupire. Viendra-t-on bientôt le chercher? Pourquoi le laisse-t-on mariner ainsi? La frustration monte. Il n’y tient plus. Il prend une grande inspiration et pousse un cri de rage: «blubluubluuup!»
Il y en a deux…
Deux cornichons s’étaient réfugiés au fond du bocal, chacun dans son coin. Ils s’observaient.
L’un, plutôt court et replet, s’était caché derrière un amas d’aromates. L’autre, fin et très droit, se tenait à découvert, simplement appuyé contre la paroi de verre. Pendant de longues minutes, ils s’observèrent sans un mot. Puis le replet brisa le silence :
– Tu vas me regarder pendant longtemps, comme ça? lança-t-il d’une voix aigre.
– Aussi longtemps que ça me plaira, répondit l’autre platement. On a tout notre temps. Il ne reste plus que nous: toi, moi et le vinaigre. Et laisse-moi te dire que je ne vais pas m’en laisser conter par un gros mou dans ton genre!
– Gros mou?! Gros mou!? Mais je ne te permets pas! Surtout venant d’un cornichon qui a perdu son croquant depuis belle lurette!
– Comment?! s’étrangla l’autre.
Il toussa, recracha un peu de vinaigre, et le silence retomba. Dehors, il faisait sombre. Cela faisait déjà longtemps qu’on avait oublié leur bocal sur cette étagère. Mais un jour, ils le savaient, quelqu’un les découvrirait. Ils avaient la foi : la lumière reviendrait, le couvercle serait ouvert, et l’Élu irait rejoindre les bons cornichons au paradis des pickles. Et, chacun en était certain, le cornichon élu, ce serait lui – il ferait tout pour ça. En attendant, la guerre froide continuait au fond du frigo.
Ils étaient trois…
Trois cornichons marinaient dans le vinaigre de leur bocal. Deux d’entre eux écoutaient le troisième. Celui-là s’était juché sur un oignon blanc, et il les haranguait :
«En vérité, mes biens chers frères, je vous le dis, le Paradis nous est offert! Oui, le Paradis nous attend, il récompense les cornichons bien croquants. Mais méfiez-vous, car ses portes s’ouvriront plus volontiers devant un oignon blanc que devant un cornichon mou!»
À ces paroles, les deux cornichons se regardèrent, apeurés.
«Mais ayez confiance en moi, écoutez-moi, et les portes du Paradis vous seront à jamais grandes ouvertes!»
Et, fascinés, ils l’écoutaient.
Ils étaient quelques cornichons, flottant dans leur bocal, avec des oignons, de l’ail et de l’aneth. Ils s’amusaient bien.
Ils ne savaient plus qui avait eu l’idée d’inviter l’aneth, mais tous reconnaissaient que c’était une sacrée bonne idée. Avec ses branches fines et son arôme frais, l’aneth savait vraiment mettre de l’ambiance dans une soirée. Il y avait bien une vieille gousse d’ail aigrie qui tentait de plomber le vinaigre en leur rappelant qu’un jour ils se feraient tous croquer, mais personne ne l’écoutait. Ils étaient jeunes, verts et croquants, et ils avaient toute la vie devant eux. Et puis, cette Aneth, quelle classe!
Morale de l’histoire? Invitez Aneth! ^_^
Tags: atelier, écriture, cornichon, délire