| Audiard au prétoire |
| 2 avril 2006 1:56 | 3 commentaires |
En décembre 2001, neuf personnes avaient occupé pour une nuit le château de T. Desmarest, PDG de TOTAL, pour protester contre l’attitude du pétrolier dans les affaires AZF et Erika. Ils avaient tagué sur les murs “ERIKA” et “AZF” avec du pétrole rapporté des côtes bretonnes -”On nous a bien tagué 450 kilomètres de littoral”-, démonté volets et vitres du château (après l’explosion d’AZF, les maisons sans fenêtres étaient très en vogue à Toulouse), et bu quelques grands crus.
La légitimité de ce mode d’action peut être discutée, mais pas la gouaille des accusés. Morceaux choisis:Le président: “Vous avez bu du vin?” Jo Le Guen: “Parfaitement exact.” Alain Malardé: “Mais les gendarmes ont bu le coup avec nous.” Robert Prigent, un autre prévenu breton: “Ce sont même eux qui en ont bu le plus !” Le président: “A qui appartenaient ces bouteilles?” Me Emmanuel Riglaire, avocat de la défense: “Il n’y avait pas de facture, peut-être que c’était à la société Elf.”
Le président: “Comment s’est effectuée la préhension des bouteilles?” Alain Malardé: “Une dans chaque main, monsieur le président.” Le même: “On s’est aussi servi dans le frigo.” Le président: “Je ne suis pas saisi de ce point.” Alain Malardé: “C’est pourtant important, pas de vin sans fromage.” Jo Le Guen: “On a plié les tapis en arrivant.” Alain Malardé: “Et on a fait la vaisselle avant de partir.” Le président: “Vous avez aussi remonté les volets?” Alain Malardé: “Non, mais ils ne l’avaient pas fait non plus à Toulouse.”
A croire que les débats ont été écrits par Audiard… ![]()
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