| Dernière lecture (pas une réussite, si vous voulez mon avis) |
| 24 mai 2009 18:59 | 2 commentaires |
Juste lu: Le vampire de Ropraz de Jacques Chessex.
Un petit livre d’un peu plus de 80 pages, un roman inspiré, nous précise la 4ème de couverture, de faits réels: la profanation des sépultures de 3 jeunes filles dans un coin reculé de la Suisse, au tout début du 20ème siècle.
Si j’ai choisi ce livre sur une des tables du Virgin, c’est tout d’abord à cause de la critique enthousiaste d’un des libraires, griffonnée sur un petit bristol. Puis celle de M. Ferney, du Point, qui affirme « C’est beau, c’est pur, comme un ciel bleu sur une forêt noire. Du Giono sans ail et sans olives. »
Hum…
C’est à se demander si monsieur Ferney et moi avons lu le même livre.
Reprenons: « C’est beau. »
La beauté étant un concept éminemment sujet à discussion, il est toujours difficile d’en juger. Cependant, si je peux me permettre un avis personnel (et après tout je suis sur mon blog, je me permet ce que je veux, non mais! ^^), le style de ce « roman » est loin du romanesque et bien plus proche de la chronique de faits divers (vous savez, les « Histoires incroyables » racontées par Pierre Bellemare?) Quant au fond… sordide à souhait, sans aucune perspective de nous expliquer la pauvreté morale, la bêtise, la méchanceté, la perversion des campagnes en 1900 (quelle haine pour ces coins perdus et ceux qui y vivaient!). Bref, je ne vois pas de beauté là non plus. Mais bon, encore une fois, cette histoire de beauté, c’est toujours très personnel…
Ensuite; « c’est pur ».
Alors là, non. Pas possible que monsieur Ferney ait lu le même livre que moi. Ce « roman » qui veut se faire passer pour une chronique et nous relate les viols et charcutages sordides de 3 cadavres, les viols encore de vaches, de veuves et d’un pauvre petit garçon (ou d’un pauvre petit vampire). C’est écoeurant de complaisance, sans recul, sans analyse ou presque. Un roman qui ne s’appuie que sur le mépris et la haine de personnages à peine ébauchés. « Pur comme un ciel bleu »? *_*
Beurk! ![]()
Il paraît que « La transgression est au coeur de l’oeuvre de Jacques Chessex. »
J’ai rien contre la transgression, promis. Mais de la part « d’un des écrivains les plus remarquables de Suisse romande« , j’esperais plus que le simple étalage de « transgression » dégoulinante de sang, de sperme ou de mucus. J’espérais un certain recul, une mise en abîme, une réflexion, voire une certaine poésie.
Je dois être hermétique à la poésie suisse, je ne vois que ça…
Enfin: « Du Giono sans ail et sans olives… »
Sans olives, certes. Maintenant, vu que les tresses d’ails deviennent LA déco à la mode en Suisse en ce printemps 1903, je me permets de protester encore sur ce point.
Quant à Giono… Pauvre Giono! Non, ce style, c’est du Bellemare de fond de tonneau. Et qu’on foute la paix à Giono. C’est pas parce qu’on parle de trou paumé qu’il faut forcément aller rechercher Giono, tout de même! >_<
Bref, pas une bonne lecture pour moi. Voilà 4 euros 50 que j'aurais pu mieux utiliser. Et si quelqu'un veut tenter tout de même, c'est avec plaisir que je me débarrasserai de ce volume.
(Et peut-on me dire pourquoi l'auteur va jusqu'à souiller la tombe du Soldat inconnu? Notre tombe du Soldat inconnu, hein, la française. Il a quoi contre les soldats inconnus, lui? Et s’il a un truc à régler avec l’armée ou les soldats ou les inconnus, je peux savoir pourquoi il vient le régler place de l’Étoile, au lieu de se démerder avec l’armée suisse, hein?! >_<)
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