Le NaNoWriMo a pris fin, et j’ai pris quelques jours pour m’en remettre. Vient désormais le temps de corriger ce premier jet. Je vais essayer de m’organiser pour essayer de diviser cette tâche effrayante en plusieurs étapes. Pour cela, je vais me concentrer sur différents éléments : 1) équilibre du scénario 2) personnages 3) dynamique des scènes 4) narration 5) style.
Scénario :
Il y a généralement une intrigue principale et des intrigues secondaires dans un roman. L’important, c’est de s’assurer l’équilibre des différentes intrigues au long du roman. Dans Scrivener, j’ai fait en sorte que chaque scène apparaisse avec « sa » couleur, et la vue en tableau permet de juger de l’équilibre des différentes intrigues au long du récit.
Personnages :
Pas d’histoire sans personnages. Ou plus exactement, pas d’histoire sans personnages insatisfaits. Pour être certaine de ne pas les laisser au bord du chemin, je vais faire une liste de ce que chaque personnage (y compris secondaires) veut, et voir si :
1) je l’empêche de l’avoir en début de récit ; et
2) je précise bien s’il l’obtient ou pas à la fin.
De la même manière pour chaque scène, faire une liste de motivation/caractère pour chaque personnage et vérifier la cohérence du tout.
Éventuellement revenir sur toute la 1ère moitié du texte une fois la « voix » du personnage principal bien établie.
Narration :
Attention aux opinions et pensées des personnages: révéler ce qu’ils pensent et ressentent par leurs actions plus que par la narration interne. J’ai la mauvaise habitude de trop rentrer dans la tête de mes personnages. C’est lourd et inutile (du moins pour le résultat final).
Attention aussi aux gestes répétitifs et tics des personnages. Les miens passent leur temps à soupirer et hausser les épaules. À croire qu’ils s’embêtent.
Scènes :
Chaque scène fait-elle avancer l’intrique?
Chaque scène est-elle nécessaire?
Les personnages ont-ils évolué entre le début et la fin de chaque scène?
C’est à ce niveau là que je peux agir sur la dynamique du récit.
Style :
Voir si je peux rajouter des sensations à mes descriptions: en plus de la vue, il y a l’odorat, le toucher, l’ouïe, le goût. Ne pas les oublier, ce sont elles qui donnent l’impression « d’y être ».
Identifier les phrases sur lesquelles je me suis fait plaisir (oh, la jolie tournure) et me demander si elles sont nécessaires. Si la réponse est non, les couper sans pitié.
Utiliser Wordle (oui, je l’aime bien ce site) pour repérer les répétitions abusives, puis utiliser la fonction « rechercher/remplacer » pour les repérer dans le texte (ajouter des ** autour du mot par exemple) pour pouvoir les corriger ensuite.
De la même manière une recherche sur « ment » peut permettre de repérer les adverbes.
Laisser reposer quelques jours ou semaines.
Alterner entre relecture à l’écran et relecture sur papier, puis changer la mise en page pour forcer l’oeil à voir faire attention au texte. C’est une technique que j’ai pris l’habitude d’utiliser à l’époque ou je traduisais des romans pour l’édition: changer la police de caractère, l’interligne et les marges, imprimer, marcher jusqu’à un café, s’installer et dégainer le stylo de couleur.
Éventuellement relire paragraphe par paragraphe en partant de la fin, comme le conseillait mon prof de français pour les disserts. Mais déjà sur 4 pages de dissert, ça m’énervait, alors sur 200 pages de roman, je ne pense vraiment pas pouvoir le faire.
Lire à voix haute est une technique réputée, mais là encore, le temps que je déclame mes 200 pages, mes voisins auront probablement appelé l’asile. (Il me faut un chat. Si j’avais un chat, je lui lirais ma prose, je me sentirais moins bête. Et les chats sont souvent attentifs.) (Ça ne règle pas le problème des voisins, ceci-dit.)
Je pense en avoir pour quelques mois de travail avant de pouvoir faire lire le résultat à qui que ce soit. Pff… On n’en a jamais terminé !
(Merci aux bonnes idées des participants à la discussion #kidlitchat sur Twitter. Le sujet de la semaine dernière tombait à point.)
Depuis 2007, j’épice mes mois de novembre avec NaNoWrimo. Écrire 50 000 mots de roman en un mois, ça vous fait oublier la grisaille, le froid qui s’installe et le soleil qui s’éloigne. Après trois participations (et trois victoires !) j’en viens à me dire que cela ne suffit pas. Écrire deux heures par jour pendant trente jours, c’est bien, mais quid des 335 autres jours de l’année ?
Eh bien il se trouve que je me relâche. Je me laisse reprendre par l’entropie de l’univers et l’attrait du petit écran. Bref, je me disperse, je feignasse, et j’écris beaucoup moins. Et il faut bien que je me rende à l’évidence, ce n’est pas en comatant devant CSI que je vais améliorer ma maîtrise du style, de la caractérisation ou de l’arc narratif. Non, pour ça, aucun « expert » ne peut m’aider, il me faut pratiquer.
En bref : c’est en écrivant qu’on devient écrivaillon !
Écrire, donc, je vais. (Oui, j’ai peut-être un peu trop regardé Star Wars aussi…)
Et puisque je ne fonctionne jamais aussi bien qu’avec une mission impossible combinée à un délai intenable, j’ai décidé de rejoindre WriYe.
WriYe, ou « Writing Year », c’est la version 12 mois du NaNoWriMo : une année, et un défi chiffré que l’on se fixe à soi-même. Pour ma part, ce sera 300 000 mots en 2010.
Pour ceux qui n’ont pas l’habitude de compter leurs mots (la majorité de la population mondiale saine d’esprit, donc), voici un ordre d’idée : Crime et châtiment (de Dostoyevsky), c’est un peu plus de 200 000 mots. Guerre et paix (de Tolstoy), un peu moins de 600 000. (Je parle quantité, là. Niveau qualité, je n’oserais jamais me comparer à ces deux auteurs, on est d’accord.)
Donc, si je reprends : 365 jours, 300 000 mots.
Sachant que :
- novembre apportera ses 50 000 mots habituels ;
- les six mois qui viennent devraient compter une douzaine d’ateliers d’écriture de nouvelles, à 1000 mots chaque, soit 12 000 mots…
Moui, bref, mon truc c’est l’écriture, pas trop les maths.
Je vais donc partir sur 1000 mots chaque jour. Ça laisse un peu de marge pour les jours « sans », et c’est un compte rond facile à retenir.
Comme je me connais, il me faut 1 heure pour écrire 1000 mots. Je vais donc, dans l’année à venir, passer 1 heure chaque soir devant mon ordinateur en refusant de réagir à toute phrase ne comprenant pas les mots « au feu » ou « hémorragie ». C’est mon homme qui va être content…
Histoire d’en finir avec les stickers du NaNo 2007, certes bien sympa, mais un peu fatigués, j’ai investi dans une skin pour mon MacBook. J’ai trouvé ce joli dessin chez Skinizi, une entreprise française qui propose pas mal de design différents pour des appareil différents (Macs, Pcs, iPods, Iphones, Ds…).
Malheureusement pour moi, quand j’ai reçu ma commande, le rabat de l’enveloppe en plastique transparent (chargée de protéger la skin) est sournoisement venue se coller sur ladite skin. Résultat: un joli dessin avec des grosses traces de colle. Ne sachant comment retirer la colle sans retirer le dessin, j’ai envoyé un mail à Skinizi. Et qu’à fait Skinizi? Eh bien ils m’ont renvoyé une autre skin, direct.
Bravo, donc, pour la qualité et la beauté des produits, mais aussi pour le SAV, franchement arrangeant.
Le National Novel Writing Month, ou NaNoWriMo pour les intimes, c’est le « mois national d’écriture de roman », initiative américaine à l’origine, mais qui s’est largement internationalisée grâce à Internet.
En quelques mots, il s’agit d’écrire 50000 mots de roman en 30 jours, du 1er au 30 novembre. Le but de ce marathon, c’est de se délivrer de ses freins à l’écriture, ces petites voix qui nous soufflent que ce n’est pas assez bien, que ça manque de style, qu’il faut vérifier ceci, attendre cela… Bref, ne jamais rédiger cette fameuse histoire qui nous chatouille l’arrière du crâne depuis des mois, voire des années.
En novembre, on écrit d’abord, on se pose des questions ensuite (à partir du 1er décembre si on est encore en état).
J’ai donc attaqué mon NaNoWriMo le 1er novembre, avec un objectif simple : écrire 2000 mots par jour pour tenir le rythme. Et les quatre premières étapes ont été plutôt productives, puisque le 4 au soir, j’avais dépassé les 17000 mots.
Oui, mais hier, le 5 novembre, c’était Plot Crisis Day chez moi. Soit mon jour de crise scénaristique personnel.
J’ai commencé à me sentir perdue dans mon histoire. En réfléchissant un peu, je me suis aperçue que j’avais beaucoup trop de personnages, et que je n’arrivais pas à garder trace des motivations et gestes de chacun. L’un de mes personnages que j’estimais central ne servait même à rien passé le premier chapitre ! La révélation m’est tombée dessus sans crier gare : le perso en question pouvait aussi bien 1) être fusionné avec un autre personnage et 2) passer l’arme à gauche avant même le début du récit. Il gardera son importance dans la motivation du protagoniste, mais à titre posthume.
Sous le coup de cette épiphanie scénaristique, j’ai pris la journée entière pour tout remettre à plat : le scénario de mon NaNo 2007, celui de mon NaNoût 2009* (qui s’appuye sur le NaNo sus-mentionné) et celui de mon NaNo actuel (qui fait suite aux deux bidules déjà cités). Tout a été remis en question, car je sentais que ça ne tenait pas debout.
À l’occasion, j’ai repris l’un de mes plus fidèles compagnons d’écriture, l’excellent manuel «Plot & Structure» de James Scott Bell. Pour ceux qui, comme moi, aiment les textes planifiés et structurés, mais se sentent un peu démunis quand il s’agit d’imbriquer des lignes scénaristiques multiples sans perdre son lecteur (sans se perdre soi-même !), ce livre est d’une aide précieuse. Et cette fois encore, il m’a remis sur la bonne voie.
En conclusion de ma journée de réflexion, des personnages vont disparaître, d’autres vont fusionner, des points de vue vont être éliminés sans pitié, et mon méchant va avoir droit à la parole.
Bref, une vrai révolution.
[*NaNoût : une initiative purement française calquée sur le NaNo, avec pour but avoué d’occuper un peu le mois le plus mort de l’année.]
Bientôt novembre, et la folie NaNoWriMo va reprendre.
Pour ceux qui ne connaissent pas, on pourrait dire que c’est un marathon d’écriture sur 30 jours, avec pour but d’écrire 50 000 mots de roman.
Après 2 sessions de 30 jours, je dispose d’un bon petit texte, que l’on pourrait résumer avec ce graphe.
Vivement le 1er novembre, que la folie littéraire reprenne possession du monde!
Je viens d’apprendre que le Never Ending Orchestra (je vous en ai déjà parlé, ici et là) sera en concert le 1er février près de Paris.
Ils assureront en effet la première partie de Seheno, la « voix Bohémienne de Madagascar », au vieux théâtre St Jo de Clamart; 54, Rue du Moulin de Pierre, 92140 Clamart (à 6 minutes de Paris en train). L’entrée est à 9€.
Ça me tente bien tout ça…
C’est reparti pour le Prix Pépin!
Pour ceux qui n’ont pas suivit, il s’agit de créer des textes de science-fiction de 300 signes maximum (espaces compris). Oui, 300, c’est pas bien long, même pour une nouvelle. Mais chaque année des dizaines d’auteurs s’y prêtent avec bonheur.
L’ensemble des contributions de cette nouvelle édition du concours seront rassemblées dans un recueil illustré.
Si vous voulez tenter l’aventure, en savoir plus ou vous procurer le recueil de l’année dernière (5 euros), ça se passe sur le site du Prix Pépin.