Ceux qui connaissent leurs classiques (oui, Astérix fait partie des classiques!) se souviennent de “la maison qui rend fou“.
En bons Gaulois toujours avides de dépasser les réalisations étrangères, nous avons la fierté de vous présenter le Pays qui rend fou!
Imaginons que vous êtes un voyageur ivoirien venu en Europe avec un visa de tourisme. Vous atterrissez en Italie, puis venez faire un tour en France où habite une partie de votre famille, avec le projet terrible d’en profiter pour faire quelques achats en vue de votre mariage prévu quelques jours plus tard. La France est un beau pays, ou peut-être que vous êtes tête en l’air, toujours est-il qu’au moment de repartir en Italie pour prendre votre avion et rentrer chez vous (vous avez un mariage à préparer, que diable!) votre visa a expiré depuis quelques jours.
Que feraient les autorités d’un pays lambda? Probablement vous accorder une autorisation temporaire de séjour, le temps de rejoindre l’aéroport et de rentrer chez vous avec le billet que vous avez en poche.
Mais la Gaule n’est pas un pays lambda, et nous avons bien plus d’imagination que ça. Remarquez, nos voisins et amis les Romains n’ont pas perdu la main non plus. Ils commencent donc par interpeller l’étranger en situation irrégulière (oui, vous, l’Ivoirien sans scrupules dont le visa vient d’expirer et qui voudrait encore rentrer chez lui comme si de rien n’était!) et l’expulser vers la Suisse, dernier pays traversé (en train). La Suisse, qui n’a aucune envie de s’encombrer d’immigrés venus d’UE (ils ont déjà les leurs, merci!) expulse à son tour l’encombrant Ivoirien vers la Gaule. Là, en toute logique, un préfet (celui du Doubs) décide de le faire conduire au centre de rétention interrégional, en Alsace.
Voilà notre Ivoirien détenu en France, pays qu’il avait quitté de son plein gré, dans l’attente d’être expulsé vers la Côte d’Ivoire (pays qu’il tentait de regagner) le 25 février (presque deux semaines après la date prévue de son mariage) aux frais de la Gaule triomphante (pour un montant de 11 483,38 euros selon les calculs de Maître Eolas). L’histoire ne dit pas s’il a pu se faire rembourser le billet d’avion qu’il avait déjà en sa possession.
Je suis allée voir le film (Je suis une légende, avec Will Smith) cet après-midi. J’ai beaucoup aimé ces images de Manhattan retourné au calme et à l’exubérance de la nature. J’ai aussi apprécié de voir W. Smith, un peu vieilli, dans ce rôle d’un homme qui cherche à garder le contrôle de son monde et surtout de son esprit, malgré ses journées trop solitaires et ses nuits bien trop peuplées.
J’ai été très surprise par l’adaptation du roman originel (1954, Richard Matheson). Je préfère grandement W. Smith à l’espèce de Viking décrit dans le texte d’origine, et les gratte-ciels de New York à la banlieue anonyme dans lequel il évoluait à l’origine. Je peux comprendre la simplification des caractéristiques des infectés, et la volonté de rendre leur apparence plus spectaculaire, les rapprochant plus des zombies que des vampires. Mais ce qui m’a vraiment étonnée, c’est la façon radicale dont le film retourne l’esprit du livre. Alors que le roman se concluait sur un appel à accepter le changement, le film reste arc-bouté sur l’idée d’un statu quo. On passe d’un climat d’espoir à une peur viscérale de l’avenir. Même le sens du titre en est modifié.
Mais que cela ne vous empêche pas d’aller le voir, c’est un bon film d’action!
Bon, j’ai été un peu débordée ces derniers jours, mais je ne pouvais pas omettre de vous parler du premier volume de l’anthologie de 5e Saison: Facettes d’imaginaire.
Ce recueil de 13 texte, j’y ai travaillé avec les autres membres du comité de lecture depuis 7 mois. Et voici enfin le bébé édité.
Au final, 13 histoires — fantastique et fantasy — drôles, sérieuses, poignantes ou malsaines.
Mes préférées, dans le désordre: Comment on devient roi d’Angleterre (tordante), Cause perdue (du même auteur et dans le même univers que l‘Héritier du Tigre), Ennemis de la Liberté (texte qui a donné lieu à une polémique enflammée), Le prisonnier du Caucase (la mythologie revisitée, un texte qui fait rire mais aussi réfléchir) et Doux comme un agneau (la satire en pleine forme).
Seul bémol à ma fierté: l’impression de la couverture et du marque-page ne rendent pas justice au magnifique travail de Mélanie Delon.
J’ai pris énormément de plaisir à travailler sur cette anthologie; j’espère que vous en aurez autant à la lire.
Avec deux mois de retard, j’ai enfin pris le temps d’écouter La Faim du monde, nouvelle de Xavier Mauméjean diffusée en audio par Utopod. Le texte est très bon, bien lu, mais à déconseiller aux âmes - et surtout aux estomacs - sensibles. Utopod diffuse régulièrement et gratuitement des nouvelles de fantasy, fantastique ou sf, à écouter en ligne ou à télécharger.
Ça aère l’esprit, ça repose les yeux et ça ravit les oreilles.
Ma dernière lecture est une novella éditée par une petite maison qui monte et qui griffe: Métropolitain, chez Griffe d’Encre.
L’histoire de Yann Marchand est fantastique (dans tous les sens du terme), savoureuse (itou) et complètement barrée. C’est aussi très bien écrit et franchement prenant.
Attention, si vous le lisez dans le métro, vous risquez de rater votre station! ^_^
Métropolitain de Yan Marchand, 54 pages, 7 euros, une très belle maquette et un pur moment de bonheur. Chez Griffe d’Encre.
Ça faisait trop longtemps que je me lamentais de ne pas avoir le temps de lire, alors que les piles de romans, essais et recueils de nouvelles en attente de lecture me jettent des regards mauvais en murmurant sur l’abandon dont ils sont victimes. Alors ces derniers jours, j’ai décidé de prendre le temps de lire.
Donc jeudi, j’ai passé l’après-midi avec Le Régiment monstrueux de Pratchett.
Un nouveau Pratchett, c’est toujours un plaisir, l’assurance de passer de bons moments, avec éclats de rire intégrés. J’avais lu des critiques un peu dures sur ce Régiment, mais elles ne m’ont pas empêché de passer un excellent moment, et de me demander si Terry Pratchett avait déjà été une femme dans l’armée…
Et puis hier, changement d’univers, avec la troublante question : Qui a tué Glenn ?
Qui, en effet, a pu tuer le berger George Glenn et l’abandonner ainsi sur sa pâture perdue au nord de l’Irlande ? Au village, tout le monde se pose des questions, mais personne ne parle. Alors les moutons de Georges décident de prendre les choses en main. À la suite de Miss Maple, une vieille brebis qui n’a pas les yeux dans sa poche, le troupeau mène l’enquête.
Question : faut-il s’appeler Léonie pour imaginer une histoire aussi délirante ? Faut-il être allemande et s’entêter à porter le nom anglais – voire pirate – de miss Swann pour mettre une telle sagesse entre les oreilles d’un mouton ?
… je tente aujourd’hui de reprendre un rythme normal.
Première chose à faire : remettre en état mon pauvre estomac, malmené par les repas de fêtes. Je ne désespère pas d’y arriver avant la fin de la semaine…
Et puis il y a toutes ces petites corvées qui s’accumulent quand on revient de vacances : laver le linge sale, s’occuper du courrier, sans compter les innombrables détails à régler en ce début d’année civile.
Et il y a le travail…
Juste avant les fêtes, j’ai accepté de traduire un roman de fantasy «un peu en urgence» (2 mois de délai au lieu des 4 mois habituels). Ça fait des heures que, entre une machine de linge à étendre et deux livreurs qui sonnent à la porte, je tente de me concentrer sur une histoire de chasse au «mouton têtu» (oui, c’est un nouveau modèle) – sans succès. Je crois que je vais abandonner : demain sera un autre jour…
Tiens, je vais plutôt me plonger dans American Gods, de Gaiman, qui m’attendait bien sagement dans ma boîte aux lettres quand je suis rentrée hier soir.
(Juste avant Noël, j’ai dévoré Miroirs et fumée, un recueil de nouvelles du même auteur: miam! Ça passe mieux que le foie gras! ^_^)
Hum? Quoi? Pardon? Ah, «pas sérieux»? «Boulot urgent»? Vous croyez, vraiment? Bah, c’est pas grave, j’ai pas pris de bonnes résolutions…
Ravie d’en avoir enfin terminé avec la traduction de mon roman “beurk” d’horreur, je me suis replongé avec délices (enfin, soulagement, surtout) dans la série des Guin Saga. Cette fois, je traduis le volume 5 (heureusement la collègue qui traduit les 3 et 4 me fait des résumés…)
Fini, donc, les revenants pas contents et les meurtres pas ragoûtants, me voici de retour dans le monde étrange et fantastique du guerrier-léopard.
(Résumés et critiques chez Japanbar, Elbakin, Noosfère, et Motoklas.)
Dites, vous y croyez, vous?
Il est 10h30 du matin, il fait beau, le ciel est bleu…
Et je suis morte de trouille à cause du roman que je traduits!
Oui, c’est bien ça: je suis tellement dans mon texte - c’est un roman d’horreur - que je me fais peur toute seule en le traduisant!
Pfuu… De quoi j’ai l’air!