
Le tribunal de grande instance de Lille vient d’accorder l’annulation d’un mariage parce que la jeune mariée avait menti en disant être vierge. La juge a estimé qu’il y a avait eu tromperie sur « une qualité essentielle » de l’un des époux.
« Essentielle », la virginité ? Une petite membrane de peau peut-elle participer de l’essence d’un être humain ? Au XXIème siècle ? En France ? Quelle honte ! Surtout quand on entend l’avocat du mari expliquer que ce n’est pas un problème de virginité mais de mensonge, et que ce serait pareil si elle s’était révélé avoir un passé de prostituée, de prisonnière, ou être… divorcée. Sans compter l’analogie avec l’achat d’un tableau que l’on pensait être un Picasso avant de découvrir qu’il est faux. Vraiment, cet homme possède une délicatesse incroyable.
Voilà un jugement qui va faire réfléchir toutes les femmes qui ont rencontré un homme prévenant, aimant cuisiner, pensant à leur offrir des fleurs sans raison particulière, et qui, une fois mariée, retrouvent un macho passif attendant devant la télé que le dîner apparaisse dans son assiette…
Pas à dire, la Justice fait avancer notre société.
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Parce que je suis soulagée de voir que je n’ai pas été la seule choquée d’entendre notre président demander que la justice se place « du côté des victimes », je vous renvoie une fois de plus vers un excellent article du Monde.
Dans cet entretien Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux, revient sur le délicat équilibre nécessaire à la Justice, et le danger de laisser l’émotion, le désir de vengeance (et le populisme) interférer avec cet exercice délicat. Il parle également de l’inutilité de voter une nouvelle loi à chaque affaire médiatique:
Prenons le cas de l’affaire Francis Evrard. Elle pourrait faire l’objet d’une commission d’enquête parlementaire. Pourquoi, dans ce cas, l’arsenal des dispositions inscrites dans les lois existantes n’a-t-il pas fonctionné ? Pourquoi les mesures de surveillance judiciaire ont-elles été inopérantes ? A-t-il fait l’objet d’un traitement psychiatrique en détention ? A-t-on mobilisé juges de l’application des peines, psychiatres, agents d’insertion et de probation à sa sortie ? Cette affaire grave révèle une série de dysfonctionnements auxquels il serait plus urgent de porter remède que de légiférer dans la hâte.
de la question de l’enfermement de délinquants sexuels en hôpital psychiatrique après qu’ils aient purgé leur peine de prison:
Il faut bien mesurer que ce qui s’annonce là est un changement profond de la fonction du juge. Que prévoit-on ? Le juge sera en présence d’un détenu qui aura purgé entièrement sa peine, qui « aura payé sa dette à la société », comme on le dit familièrement. Que va-t-on demander à ce juge ? Au vu d’un rapport d’expertise psychiatrique – et la psychiatrie n’est pas une science exacte -, le juge devrait décider la détention de quelqu’un qui n’aurait pas commis de nouvelle infraction, mais qui recèlerait en lui la possibilité d’en commettre, en fonction d’une dangerosité présumée. Le juge ordonnerait une détention sans infraction ni condamnation !
et du projet présidentiel de juger des gens reconnus irresponsables:
Il existe déjà des dispositions en faveur des victimes en présence d’une éventuelle irresponsabilité pénale pour cause de démence. La partie civile peut demander une contre-expertise psychiatrique. Si le non-lieu est prononcé, elle peut faire appel devant la chambre de l’instruction qui tient une audience publique. La loi permet de reconnaître que le crime a été commis par la personne jugée irresponsable, et la victime peut obtenir des dommages-intérêts en l’absence de condamnation pénale.
Bref, une bonne petite mise au point sur des sujets trop complexes, trop délicats et surtout trop importants pour l’avenir de notre société pour que l’on se contente de l’abandonner au cirque politico-médiatique.
Et comme toujours, l’intégralité de l’entretien sur le site du Monde.
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Petit coup de gueule aujourd’hui contre ces bureaucrates kafkaïens qui veulent nous empêcher de cultiver nos cornichons bios en paix.
Il y a par exemple le cas de cette association, qui croule sous les procès pour vouloir – quelle impudence ! – sauver de l’oubli des semences qui ont fait les beaux jours des potagers de nos grands-mères, mais qui ont le mauvais goût de ne pas être homologués. Exit donc les tomates de grand-papa, et vive les hybrides brevetés de Monsanto and Co.
Et voici maintenant que la guerre de l’ortie est ravivée !
Quid ? me direz-vous…
Et bien figurez-vous qu’en application d’une directive européenne destinée à contrôler un peu la myriade de produits chimiques présents dans notre quotidien (tentative plus que louable, je vous l’accorde), il devient répréhensible de faire connaître les recettes de grands-mères (eh oui, encore elles, sacrées mamies !) comme par exemple celle du purin d’ortie (d’où le nom du conflit. Vous ne pensiez tout de même pas que c’était encore un nom à la c** sorti tout droit d’un état-major, tout de même!?) qui permettent d’éviter le recours au susdits produits chimiques dans son jardin.
C’est ainsi que vendredi 1er septembre, un « promoteur de techniques agricoles alternatives » (entendez un gourou du bio) a vu débarquer chez lui les services de l’Inspection Nationale des Enquêtes de Concurrence, de Consommation et de Répression des Fraudes et le Service Régional de la Protection des Végétaux (Rien Que Ça…), qui ont saisi des support de cours subversifs (oui ! l’eau chaude est un bon désherbant pour vos allées !), ont informé notre révolutionnaire vert des peines encourues (2 ans de prison et 75000 euros d’amende) et lui ont interdit la pratique d’activités de maquisard, telle la collecte de plantes sauvages en compagnie de ses stagiaires.
Bref, vous l’avez compris, la France aussi mène sa guerre contre le terrorisme, et les grands de l’industrie agro-alimentaire peuvent dormir sur leurs deux oreilles (mais faut être souple, toute de même. Moi j’y suis jamais arrivé !)
Quelques liens utiles:
Une interview de Bernard Bertrant, coauteur du livre Purin d’ortie & compagnie, sur la question de l’homologation.
Un article sur le site Univers Nature et un autre sur Tela Botanica
Et pour les insomniaques, le texte de loi sur LégiFrance (chercher l’article L. 253)
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En décembre 2001, neuf personnes avaient occupé pour une nuit le château de T. Desmarest, PDG de TOTAL, pour protester contre l’attitude du pétrolier dans les affaires AZF et Erika. Ils avaient tagué sur les murs « ERIKA » et « AZF » avec du pétrole rapporté des côtes bretonnes - »On nous a bien tagué 450 kilomètres de littoral »-, démonté volets et vitres du château (après l’explosion d’AZF, les maisons sans fenêtres étaient très en vogue à Toulouse), et bu quelques grands crus.
La légitimité de ce mode d’action peut être discutée, mais pas la gouaille des accusés. Morceaux choisis:Le président: « Vous avez bu du vin? » Jo Le Guen: « Parfaitement exact. » Alain Malardé: « Mais les gendarmes ont bu le coup avec nous. » Robert Prigent, un autre prévenu breton: « Ce sont même eux qui en ont bu le plus ! » Le président: « A qui appartenaient ces bouteilles? » Me Emmanuel Riglaire, avocat de la défense: « Il n’y avait pas de facture, peut-être que c’était à la société Elf. »
Le président: « Comment s’est effectuée la préhension des bouteilles? » Alain Malardé: « Une dans chaque main, monsieur le président. » Le même: « On s’est aussi servi dans le frigo. » Le président: « Je ne suis pas saisi de ce point. » Alain Malardé: « C’est pourtant important, pas de vin sans fromage. » Jo Le Guen: « On a plié les tapis en arrivant. » Alain Malardé: « Et on a fait la vaisselle avant de partir. » Le président: « Vous avez aussi remonté les volets? » Alain Malardé: « Non, mais ils ne l’avaient pas fait non plus à Toulouse. »
A croire que les débats ont été écrits par Audiard…
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