Tout de même , il en faut du courage pour s’attaquer à Tom Cruise! ^^
Plus sérieusement: si vous voulez en savoir plus sur la Scientologie et France, et placer les déclarations de Mme Mignon dans le contexte plus large du “toilettage” de la loi de 1905, rendez-vous sur Mediapart.
Première étape franchie pour le nouveau projet de loi sur l’immigration.
Que ce soit le quatrième en quatre ans, ou que ce soit un nouveau tour de vis plus que contestable de la part d’un pays qui refuse d’accueillir “toute la misère du monde” sans se rendre compte qu’il est loin d’être l’Eldorado qu’il se fantasme n’est pas le plus dérangeant.
Non, ce qui me fait grincer des dents (et heureusement je suis loin d’être la seule), c’est le volet “génétique” du texte.
D’une part, il prévoit de recenser la “race” ou l’ethnie des migrants pour étudier “la discrimination et l’intégration”. Donc de créer un fichier racial? Déjà, ça mériterait un vrai débat national.
Mais surtout, il prévoit la possibilité de demander des tests génétiques à quelqu’un demandant à bénéficier du regroupement familial afin de prouver l’appartenance d’un enfant à sa famille. Depuis quand faut-il être du même sang pour être de la même famille? Si on me demandait de prouver que je suis la fille biologique de mon père pour renouveler ma carte d’identité par exemple, je crois que je le prendrais très mal. Et j’aurais mes raisons, comme l’explique cet édito du Monde:
Cette disposition est en effet contraire à la loi de bioéthique de 1994, confirmée en 2004. En France, les tests génétiques à des fins autres que scientifiques ou médicales sont interdits par l’article 16 du code civil, sauf dans des cas graves et sous contrôle judiciaire. En votant l’amendement Mariani, l’Assemblée balaie donc ce principe au nom de la lutte contre la fraude à l’immigration. Il banalise pour les étrangers une démarche que le législateur avait voulue exceptionnelle, et qui le reste pour les Français. Bref, cet amendement n’est pas seulement discriminatoire. Au nom de la différence nationale, il rompt de manière choquante avec l’esprit du droit républicain.
Bon, rien n’est perdu, le Sénat a encore son mot à dire. Et vous aussi.
Parce que je suis soulagée de voir que je n’ai pas été la seule choquée d’entendre notre président demander que la justice se place “du côté des victimes”, je vous renvoie une fois de plus vers un excellent article du Monde.
Dans cet entretien Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux, revient sur le délicat équilibre nécessaire à la Justice, et le danger de laisser l’émotion, le désir de vengeance (et le populisme) interférer avec cet exercice délicat. Il parle également de l’inutilité de voter une nouvelle loi à chaque affaire médiatique:
Prenons le cas de l’affaire Francis Evrard. Elle pourrait faire l’objet d’une commission d’enquête parlementaire. Pourquoi, dans ce cas, l’arsenal des dispositions inscrites dans les lois existantes n’a-t-il pas fonctionné ? Pourquoi les mesures de surveillance judiciaire ont-elles été inopérantes ? A-t-il fait l’objet d’un traitement psychiatrique en détention ? A-t-on mobilisé juges de l’application des peines, psychiatres, agents d’insertion et de probation à sa sortie ? Cette affaire grave révèle une série de dysfonctionnements auxquels il serait plus urgent de porter remède que de légiférer dans la hâte.
de la question de l’enfermement de délinquants sexuels en hôpital psychiatrique après qu’ils aient purgé leur peine de prison:
Il faut bien mesurer que ce qui s’annonce là est un changement profond de la fonction du juge. Que prévoit-on ? Le juge sera en présence d’un détenu qui aura purgé entièrement sa peine, qui “aura payé sa dette à la société”, comme on le dit familièrement. Que va-t-on demander à ce juge ? Au vu d’un rapport d’expertise psychiatrique - et la psychiatrie n’est pas une science exacte -, le juge devrait décider la détention de quelqu’un qui n’aurait pas commis de nouvelle infraction, mais qui recèlerait en lui la possibilité d’en commettre, en fonction d’une dangerosité présumée. Le juge ordonnerait une détention sans infraction ni condamnation !
et du projet présidentiel de juger des gens reconnus irresponsables:
Il existe déjà des dispositions en faveur des victimes en présence d’une éventuelle irresponsabilité pénale pour cause de démence. La partie civile peut demander une contre-expertise psychiatrique. Si le non-lieu est prononcé, elle peut faire appel devant la chambre de l’instruction qui tient une audience publique. La loi permet de reconnaître que le crime a été commis par la personne jugée irresponsable, et la victime peut obtenir des dommages-intérêts en l’absence de condamnation pénale.
Bref, une bonne petite mise au point sur des sujets trop complexes, trop délicats et surtout trop importants pour l’avenir de notre société pour que l’on se contente de l’abandonner au cirque politico-médiatique.
Et comme toujours, l’intégralité de l’entretien sur le site du Monde.
Il y a 20 ans, on nous bassinait avec le Japon, ce paradis de l’emploi à vie dans lequel chaque salaryman n’existait que pour servir son entreprise. Puis, il y a quelques années, on nous annonçait que l’individualisme avait enfin touché cet étrange archipel. Les freeters (”travailleurs libres”) refusaient cette dévotion et préféraient papillonner d’un emploi à l’autre. Hourra, victoire de la liberté dans cette société de fourmis conformistes!
Seulement voilà, au Japon comme ailleurs, “petits boulots”, ça veut aussi dire “précarité”. Et Philippe Pons, l’excellent correspondant du Monde à Tôkyô, nous illustre ce concept par une plongée dans les cafés internet ouverts 24h/24, dans lesquels dorment ceux qui n’ont pas de quoi se payer un logement.
Ah, c’est pas chez nous qu’on verrait ça le long du canal St Martin, hein!
Petit extrait:
Minuit passé. Devant la machine à boissons chaudes, il attend que son gobelet se remplisse. La trentaine, jeans et tee-shirt bleu, les cheveux en broussaille. “Cool” comme des milliers de ses congénères croisés auparavant dans les rues du quartier branché de Shibuya à Tokyo. “Vous, vous cherchez un nouveau pauvre ?, dit-il, avec un sourire amer. Bingo ! Vous l’avez. Trente ans, une vingtaine de boulots sans lendemain. Depuis trois mois, je vis ici avec un petit sac et des sous-vêtements jetables.” […]
Comme d’habitude, je vous invite à lire l’article complet sur le site du Monde:
De nombreuses études montrent qu’une exposition aux pesticides (lors de leur utilisation ou par ingestion d’aliments contaminés) augment de manière significative les risques de cancer. Pourtant, il y en a partout: “Près de neuf cents molécules pesticides sont utilisées en France. On les retrouve partout, tout le monde en mange quotidiennement“. La France est parmi les plus gros utilisateurs de pesticides au monde, et “L’AFSSA confirme qu’une “dizaine” de substances pesticides classées cancérigènes “possibles” ou “probables” restent autorisées en France”.
Voilà en résumé ce que nous explique cet article du Monde.
C’est ce que nous explique un article du Monde.
Les Etats-Unis représentent 46 % des dépenses militaires mondiales, juste devant la Grande-Bretagne, la France, la Chine et le Japon, respectivement… 4 à 5 %. Celles de la Russie - 4eme pays d’Europe en la matière - ont augmenté de 155% depuis 1998; quant à la Chine, elle est pour la 1ere fois passée devant le Japon dans ce classement l’année dernière.
Sources et détails dans l’article.
On est bien contents que la Guerre Froide soit terminée, hein! ^_^;
Fermez les yeux. Imaginez un monde futur, dans lequel les libertés publiques devraient céder la place à l’exigence de sécurité, un monde dans lequel Big Brother serait roi, un monde dans lequel… les opérateurs téléphoniques, les fournisseurs d’accès à Internet, les hébergeurs et les responsables de services en ligne (sites Web, blogs, etc.), devraient conserver pendant un an à leurs frais toutes les coordonnées et traces invisibles que laissent les utilisateurs lors d’un abonnement téléphonique ou à Internet, lors de leurs déplacements avec un téléphone allumé, lors de chaque appel ou de chaque connexion à Internet, de chaque diffusion ou consultation sur le Web d’un article, d’une photo, d’une vidéo, ou lors de chaque contribution à un blog.
En substance, devraient être conservés les mots de passe, “pseudos”, codes d’accès confidentiels et autres identifiants, numéros de carte bancaire, détails de paiement, numéros de téléphone, adresses e-mail, adresses postales, le numéro de l’ordinateur ou du téléphone utilisé, le moyen d’accès à un réseau, les date et heure d’appel, de connexion et de chacune de leurs consultations ou contributions sur un site Internet.
Rouvrez les yeux, il est plus que temps: ce monde, c’est la France, et pour dans pas longtemps, si le projet de décret (pas de loi, vous noterez la distinction subtile) du gouvernement est adopté.
C’est dans Le Monde, pas dans un roman de SF. (Si ça avait été cité dans un média moins fiable, je n’y aurais pas cru.)
Lisez. S’informer, c’est le premier droit et devoir du citoyen.
Vous avez tous probablement entendu parler de la condamnation à mort de ces infirmière bulgares et d’un médecin palestinien, accusés d’avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens. Et vous avez probablement été choqués. Si c’est le cas, sachez que vous pouvez signer une pétition pour demander leur libération. L’action, initiée par jeune ingénieur bulgare du CNRS, est relatée dans un article du Monde.
Encore un article à ne pas rater dans les pages du Monde.
A ce jour, des dizaines de milliers de produits chimiques sont disponibles sur le marché : on en comptabilise 100 000 dans l’Union européenne et 80 000 aux Etats-Unis. Or, moins de la moitié ont fait l’objet de tests d’évaluation de leur toxicité. Pour 80 % d’entre eux, aucune information n’est disponible sur les effets que ces substances pourraient avoir sur le développement du cerveau de l’enfant. [...] Le plus souvent, une substance est identifiée comme toxique chez l’adulte lors d’expositions professionnelles ou d’empoisonnement et, pour l’enfant, lors d’intoxications aiguës. Ce n’est que dans un second temps qu’apparaissent des données épidémiologiques sur les déficits comportementaux chez les enfants exposés au cours de la grossesse à des concentrations inférieures à celles qui sont toxiques pour l’adulte.
Ça se passe de commentaires… Mais vous avez tout de même le droit d’en faire!
On y apprend comme des prisonniers incarcérés à la Nouvelle Orléans lors du passage de l’ouragan ont pu être “égarés” dans le système pénitentiaire. Certains sont encore quelque part en cellule, leurs dossiers perdus, sans avocats, alors qu’ils auraient déjà dû être relâchés.
Cette situation serait-elle possible en France? Je ne suis pas sûre du contraire…