| Le problème avec Amazon |
| 14 avril 2009 12:36 | 4 commentaires |
Ce long week-end de Pâques a été assez agité sur les chemins du Net fréquentés par les amateurs de livre; auteurs, éditeurs, lecteurs, de littérature adulte ou non. La cause du tumulte ? «Amazon rank», ou la fonctionnalité du libraire leader de classer les titres selon les ventes. Depuis plusieurs jours, cette fonction aurait été modifiée afin de retirer du classement des dizaines de milliers de titres relevant notamment des littératures gay et lesbiennes (sans être nécessairement « X », alors que d’autres titres «adultes» semblaient ne pas être touchés), de la littérature féministe, des livres traitant du viol, etc. Résultat ? Les titres concernés n’apparaissaient plus dans les meilleures ventes, mais devenaient également très difficiles à trouver via une recherche sur le site.
Tollé des milieux gay et lesbiens, des amateurs des genres concernés, mais également des lecteurs lambda, choqués et inquiets de découvrir à quel point il est simple de faire disparaitre du marché des titres jugés déplacés.
Qui a dit « censure » ?
Trois remarques à ce sujet :
1) le problème quand une entreprise domine le marché de façon si écrasante, c’est qu’elle devient LA référence alors que son but, sa structure, sa nature ne sont pas d’être une encyclopédie du savoir imprimé, mais une simple boutique. Je suis la première à utiliser Amazon pour mes achats et à pointer vers le site lorsque je mentionne un livre. Mea culpa. Peut-être est-il temps de changer mes (nos) habitudes ?
2) la réaction du public ne s’est pas fait attendre, il n’y a qu’à voir les échanges sous Twitter ou le «Google Bombing» mis en place (avec les mots-clés «Amazon Rank»). Le public est informé, réagit, demande des explications… et malheureusement…
3) la réaction d’Amazon par contre est loin d’être à la hauteur. Après avoir annoncé dans un premier temps qu’il s’agissait qu’un «pépin», Amazon a par la suite déclaré que la faute revenait à un employé français (salauds de Frenchies, c’est toujours de leur faute !), sans plus de précision. Entre-temps un hacker avait revendiqué l’action, et les conjectures affluent. Manque de prudence lors de modifications techniques ou excès de pruderie dans un pays connu pour ses contradictions en la matière ? Une chose est sûre : il y a un gros problème de relations publiques chez Amazon. Déclarations imprécises, contradictoires, apparemment faites à la légère (un « pépin » et ça repart), et à l’heure où j’écris ces lignes aucune déclaration officielle sur les sites US ou français. Le problème semble être résolu ou en cours de résolution, mais sans explication sérieuse ni excuses. Ce qui, bien sûr, laisse l’espace libre aux revendications et spéculations via les blogs, Twitts, groupes Facebook, etc.
De quoi nous occuper en ce difficile jour de reprise… ^^
Tags: amazon, communication, cornichon, Internet, Pépin, web2.0
