Lu avec effarement sur le site de Libé:
Depuis que le Front National a installé un bureau virtuel permanent dans Second life (lire l’article), les manifestations et placardages anti-FN se multiplient. La nuit de mercredi à jeudi, des avatars se sont regroupés devant les locaux bardés de flammes tricolores installés dans le centre commercial Porcupine, brandissant des panneaux avec une photo retouchée de Le Pen, affublé d’une petite moustache, et du slogan « Ban the FN out of SL ».
La suite sur le site du journal.
Je me sens un peu larguée sur ce coup-là, j’ai l’impression d’être dans un roman de SF, le Le Samouraï virtuel, par exemple…
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Piqué chez le Navire en pleine ville, ce lien vers le clip de Zêdess, chanteur qui fait parait-il un tabac au Burkina. Allez-y (nan, pas au Burkina, quoi que, c’est comme vous voulez… Nan, allez là) c’est de la bonne musique, de la bonne humeur, et une bonne question adressée à « un hongrois chez les gaulois ».
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J’aime beaucoup la science-fiction, pour ses délires galactiques, mais surtout pour la réflexion qu’elle entreprend souvent sur le futur de nos sociétés. Laissez-moi donc vous entraîner avec moi dans un petit conte, une fable sur l’arrivée sournoise de la dictature des gènes. Nous sommes en France, en 2006…
Créé en 1998, le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) était dans un premier temps destiné à recenser les empreintes génétiques de personnes condamnées pour crimes sexuels – dans un premier temps… Car au fil des ans et des gouvernements, les raisons d’y figurer se sont multipliées : torture, barbarie, terrorisme, rien à redire à ces extensions, me direz-vous. Mais quand on y ajoute le vol simple, le tag, ou la destruction de culture OGM, je commence personnellement à trouver que tout cela sent un peu trop le futur apocalyptique, à la « Big Brother », ou à la « Gattaca ». Pas vous ? Surtout quand la loi prévoit le fichage des suspects et non plus simplement des condamnés. En cas d’innocence, vous pourrez toujours demander à être retirés du fichier… mais le procureur n’est pas tenu d’accepter.
Suspecté de tag ou de vol de vélo, vous devrez donc vous soumettre au prélèvement de votre ADN – vous n’avez pas le droit de refuser. Mais coupable de délit d’initié, de fraude fiscale ou d’abus de bien social, soyez tranquille : les législateurs n’ont pas jugé utile de lier ces délits au fichage génétique. Détourner des millions, ça reste « correct », un simple arrangement entre gentlemen. Alors que la fauche – de vélo ou d’OGM – c’est une affaire de racaille ! Et c’est bien connu : racaille d’un jour, racaille toujours ! Alors, quid de la présomption d’innocence ? Une fois fiché, vous êtes dans une base de données de délinquants… Vous n’êtes donc plus un citoyen moyen, vous êtes un suspect. Suspect de quoi ? Bah ! Vous bilez pas, on trouvera…
« Vous n’avez pas le droit de refuser », ai-je écrit un peu plus haut. Mais on a toujours le droit de refuser ! Ça s’appelle la désobéissance civique, et c’est ce qu’ont entrepris de faire plusieurs faucheurs volontaires, des citoyens décidés à refuser la diffusion d’OGM dans nos campagnes aussi bien que la diffusion du flicage dans notre société. Symbole et porte-drapeau médiatique de cette résistance, Benjamin Deceuninck, jeune agriculteur bio des Cévennes, condamné le 29 septembre par le tribunal d’Alès pour avoir refusé de donner son ADN après avoir participé à l’arrachage d’un champ de betteraves OGM. Le tribunal le condamne à 500 euros d’amende, mais le procureur de la République d’Alès, Christian Pasta, a déclaré : « Tant qu’il refusera le prélèvement, j’engagerai à nouveau des poursuites et il sera reconvoqué. On peut le mettre au trou pour récidive. » (Le Monde du 26 septembre.) Un « délit continu », donc, pour ce jeune résistant, qui a décidé de faire appel et d’aller s’il le faut jusque devant la Cour européenne des Droits de l’Homme, pour « casser » cette loi.
À lire, les deux articles du Monde :
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Lecture du moment: Etat d’urgence, de Michael Crichton. Le dernier roman traduit du Crichton est un thriller scientifique sur fond de réchauffement climatique: un avocat idéaliste devra sauver le monde d’éco-terroristes d’un nouveau genre.
Ce thriller bien mené est surtout pour l’auteur le prétexte pour exposer ses convictions en matière d’écologie, de science, et de politique. La principale de ces convictions étant qu’on ne sait à peu près rien sur à peu près tout, et qu’il est donc inutile de s’en faire pour l’avenir. Conviction suivie de très près par celle, largement répandue, que nous ne sommes que des pantins aux mains des médias eux-mêmes instrumentalisés par des intérêts politico-financiers.
C’est plutôt dérangeant, mais pas inintéressant.
J’en ressors avec l’impression que je ne peux me fier à personne, et pas à l’auteur plus qu’à un autre.
Crichton conclu en disant: « Tout le monde à des intentions cachées. Pas moi. »
Moui… S’il pense que je vais le croire sur parole…
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