Je me souviens d’une scène de petit déjeuner neo-victorien lue il y a des années dans L’âge de diamant, de Neal Stephenson (The Diamond Age, 1995 en VO, 1996 en français):
Il s’assit à la table de la cuisine. Mme Hull nappait déjà de confiture sa crêpe. Tandis qu’elle mettait la table, Hackworth saisit une grande feuille de papier blanc. « Comme d’habitude », dit-il, et la feuille cessa d’être vierge; c’était à présent la une du Times.
Cette histoire de papier intelligent me semblait amenée à se réaliser, tout naturellement. Alors quand je vois ça, je ne suis pas étonnée du produit. J’ai juste l’étrange impression d’avoir glissé entre les pages d’un de mes vieux livres de poche…
Cela faisait bien longtemps que je voulais lire Ravage, de Barjavel. C’est chose faite. J’ai découvert un ouvrage précurseur de la science-fiction en France, certes inventif, mais incroyablement machiste, et réactionnaire à l’extrême. Écrit en 1942, il raconte le cataclysme qui s’abat sur Paris et la France d’un 21ème siècle trop moderne, et prône un retour au passé, la méfiance de l’éducation, le culte du chef, la polygamie… À lire avec beaucoup de recul, donc, en gardant à l’esprit le contexte historique et la personnalité controversée de l’auteur.
Et c’est quoi son truc, à Barjavel, avec les femmes qui accouchent dans les champs de fleurs ? Il avait aussi fait le coup dans Le grand secret, et déjà ça m’avait semblé étrange, cette histoire… ^^ ;
C’est reparti pour le Prix Pépin!
Pour ceux qui n’ont pas suivit, il s’agit de créer des textes de science-fiction de 300 signes maximum (espaces compris). Oui, 300, c’est pas bien long, même pour une nouvelle. Mais chaque année des dizaines d’auteurs s’y prêtent avec bonheur.
L’ensemble des contributions de cette nouvelle édition du concours seront rassemblées dans un recueil illustré.
Si vous voulez tenter l’aventure, en savoir plus ou vous procurer le recueil de l’année dernière (5 euros), ça se passe sur le site du Prix Pépin.
Je suis allée voir le film (Je suis une légende, avec Will Smith) cet après-midi. J’ai beaucoup aimé ces images de Manhattan retourné au calme et à l’exubérance de la nature. J’ai aussi apprécié de voir W. Smith, un peu vieilli, dans ce rôle d’un homme qui cherche à garder le contrôle de son monde et surtout de son esprit, malgré ses journées trop solitaires et ses nuits bien trop peuplées.
J’ai été très surprise par l’adaptation du roman originel (1954, Richard Matheson). Je préfère grandement W. Smith à l’espèce de Viking décrit dans le texte d’origine, et les gratte-ciels de New York à la banlieue anonyme dans lequel il évoluait à l’origine. Je peux comprendre la simplification des caractéristiques des infectés, et la volonté de rendre leur apparence plus spectaculaire, les rapprochant plus des zombies que des vampires. Mais ce qui m’a vraiment étonnée, c’est la façon radicale dont le film retourne l’esprit du livre. Alors que le roman se concluait sur un appel à accepter le changement, le film reste arc-bouté sur l’idée d’un statu quo. On passe d’un climat d’espoir à une peur viscérale de l’avenir. Même le sens du titre en est modifié.
Mais que cela ne vous empêche pas d’aller le voir, c’est un bon film d’action!
Avec deux mois de retard, j’ai enfin pris le temps d’écouter La Faim du monde, nouvelle de Xavier Mauméjean diffusée en audio par Utopod. Le texte est très bon, bien lu, mais à déconseiller aux âmes – et surtout aux estomacs – sensibles. Utopod diffuse régulièrement et gratuitement des nouvelles de fantasy, fantastique ou sf, à écouter en ligne ou à télécharger.
Ça aère l’esprit, ça repose les yeux et ça ravit les oreilles.
Non, je ne parle pas politique, mais Prix Pépin 2007.
Pour ceux qui ne connaissent pas: 32 textes de 300 signes maximum, pour parler à votre imaginaire.
Vous avez jusqu’à la fin du mois pour élire vos trois textes préférés.
Alors votez! ^___^
« Globalement inoffensive« , ça c’est la Terre.
« Vraisemblablement habitable », c’est l’exo-planète qui vient d’être découverte par une équipe internationale de scientifiques.
Elle est toute proche — à peine 20,5 années-lumière de chez nous — 1,5 fois plus grande que la Terre, et d’un climat plutôt doux, avec des températures comprises entre 0 et 40°. On ne sait pas encore si sa surface est solide ou liquide, alors je pense que je vais préparer ma tente _et_ mon canot gonflable. Vivement les vacances!
Plus d’info chez Ciel et Espace.
Fermez les yeux. Imaginez un monde futur, dans lequel les libertés publiques devraient céder la place à l’exigence de sécurité, un monde dans lequel Big Brother serait roi, un monde dans lequel… les opérateurs téléphoniques, les fournisseurs d’accès à Internet, les hébergeurs et les responsables de services en ligne (sites Web, blogs, etc.), devraient conserver pendant un an à leurs frais toutes les coordonnées et traces invisibles que laissent les utilisateurs lors d’un abonnement téléphonique ou à Internet, lors de leurs déplacements avec un téléphone allumé, lors de chaque appel ou de chaque connexion à Internet, de chaque diffusion ou consultation sur le Web d’un article, d’une photo, d’une vidéo, ou lors de chaque contribution à un blog.
En substance, devraient être conservés les mots de passe, « pseudos », codes d’accès confidentiels et autres identifiants, numéros de carte bancaire, détails de paiement, numéros de téléphone, adresses e-mail, adresses postales, le numéro de l’ordinateur ou du téléphone utilisé, le moyen d’accès à un réseau, les date et heure d’appel, de connexion et de chacune de leurs consultations ou contributions sur un site Internet.
Rouvrez les yeux, il est plus que temps: ce monde, c’est la France, et pour dans pas longtemps, si le projet de décret (pas de loi, vous noterez la distinction subtile) du gouvernement est adopté.
C’est dans Le Monde, pas dans un roman de SF. (Si ça avait été cité dans un média moins fiable, je n’y aurais pas cru.)
Lisez. S’informer, c’est le premier droit et devoir du citoyen.